Partenaires La Carrera Panamericana, c'est comme la danse...

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ça se gagne à deux ! Hilaire Damiron et sa co-pilote Laura ont remporté la Carrera Panamericana en 2016 à bord d'un véhicule sponsorisé par TAG Heuer. Rencontre.

Avez-vous déjà connu les contrariétés de la vie conjugale ? Et bien, imaginez-vous donc à deux dans une boîte métallique sous une chaleur de 45 degrés, enchaînant des virages en épingle à cheveux à 250 km/h et flirtant avec les ravins, le tout en devant utiliser un code pour communiquer. Et oui, ils sont également mari et femme ! Quelle est la formule gagnante de ce duo hors du commun ? Et un goût partagé pour la vitesse peut-il être le secret d’un mariage heureux ? C’est ce que nous allons découvrir…

 

Qui de vous deux conduit au quotidien ?

Laura Oh la la ! Tout de suite les sujets qui fâchent !

Hilaire Au quotidien, c’est moi qui conduis en général, avec Laura en co-pilote. Lorsque nous nous sommes rencontrés il y a une vingtaine d’années, elle avait carrément peur de monter avec moi en voiture. Au bout d’un moment, elle a commencé à s’habituer à la vitesse…et aujourd’hui, on s’amuse vraiment. Autrefois, elle me hurlait dessus parce que je roulais trop vite. Alors qu’aujourd’hui…

Laura Je hurle pour que tu ailles plus vite !

Hilaire C’est tout à fait ça. On peut rouler à 300 km/h, ça lui convient parfaitement. Quand on aime conduire vite, c’est génial d’être avec quelqu’un qui ne se plaint jamais de la vitesse – sauf pour demander d’aller encore plus vite !

« Quand on va vraiment vite, Laura doit me « chanter » chaque virage, chaque instruction… alors elle doit préparer sa voix, un peu à la manière d'une cantatrice. »

Hilaire Damirón Vainqueur de la Carrera Panamericana 2016 avec Laura Damirón

Comment vous préparez-vous pour cette course, mentalement et physiquement ? Est-ce que vous vous préparez ensemble ?

Hilaire La préparation de cette course, c’est aussi ce qui la rend aussi fun. Elle s’étale sur au moins 10 mois – en comptant le travail de repérage. La course dure sept jours, alors la moindre erreur peut se révéler fatale par la suite. Il faut être aussi passionné par la conduite que par la repérage !

Et il y a aussi une vraie dimension physique. Le pilote doit avoir de l’agilité, un peu de force aussi et beaucoup d’endurance. Pour le co-pilote, c’est l’endurance qui compte le plus – la force un peu moins peut-être, mais il faut une voix qui porte beaucoup. Quand on va très vite, Laura doit me « chanter » chaque virage, chaque instruction… alors elle doit réellement préparer sa voix, un peu à la manière d’une cantatrice. Ça paraît bizarre, mais c’est la vérité !

Laura Je dois vraiment travailler ma respiration, car il y a des moments où ça va tellement vite qu’il faut « chanter » plusieurs instructions les unes après les autres. Et à la manière d’une cantatrice, il faut pouvoir contrôler parfaitement sa respiration pour y arriver. Pas question d’avoir un temps de retard ou de manquer d’oxygène au mauvais moment.

 

Lorsque vous utilisez le terme « chanter », vous voulez dire indiquer les directions ?

Laura Oui, exactement.

Hilaire C’est vraiment du chant ! Il y a aussi la préparation de la voiture : on démonte tout, le moteur, le châssis et la suspension. Alors, même si on ne voit pas trop la différence de l’extérieur, la voiture évolue beaucoup chaque année à l’intérieur, ce qui lui permet d’aller plus vite, d’être plus efficiente, et aussi plus sûre.

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur la voiture ? Comment se comporte-t-elle dans des conditions aussi extrêmes ?

Hilaire Le règlement de la course stipule que la voiture doit dater de la période 1950-54. La carrosserie de notre voiture est celle d’une Studebaker Commander 1954. C’est un coupé conçu par Robert Loewey, un Français vivant aux États-Unis. C’était l’une des voitures les plus modernes, les plus avant-gardistes et les plus aérodynamiques de son époque. Elle a un style incroyable.

Naturellement, il y a beaucoup de bruit pendant la course – et pas d’ABS, ni de contrôle de la traction, ni de contrôle de la stabilité, ni d’assistance électronique. C’est un véhicule entièrement mécanique, y compris la boîte de vitesses – avec tout le bruit et le bazar que cela implique. Les pilotes adorent cette course, car elle n’a aucun équivalent dans le monde à l’heure actuelle. Il y a tellement de vitesse et de puissance dans ce parcours, avec des véhicules quasiment à 100 % mécaniques, et c’est entièrement ouvert au public.

 

C’est l’un des aspects les plus intéressants de cette course – elle est ouverte au public, et les spectateurs peuvent se poster à n’importe quel endroit du parcours. Comment cela influe-t-il sur votre expérience ?

Hilaire La Carrera Panamericana est peut-être la seule course au monde où vous avez une connexion directe avec le public. Il est à nos côtés, autour de la voiture, sans rembardes, sans tickets. Il est totalement libre. Lorsque nous arrivons dans les villes, le public peut toucher les voitures et nous parler. Et cela n’a pas changé depuis les années 1950. Aujourd’hui, on voit des générations de spectateurs qui accompagnaient plus jeunes leurs parents et leurs grand-parents. C’est un événement important au Mexique.

Laura J’adore quand ça va vite, mais mon plus grand plaisir, c’est quand on traverse les villes. On fait partie de cette histoire – avec tous les gens autour de nous qui adorent cette course. Chaque village, chaque petite ville que nous traversons constitue un petit événement, pour les habitants comme pour nous. Dans un sens, ils s’y préparent autant que nous !

Hilaire Ils nous suivaient déjà avant les réseaux sociaux, et nous sommes toujours merveilleusement accueillis. Parfois, ils nous offrent même des petits cadeaux porte-bonheur – des figurines de saints ou des anges – quand ils ne font pas carrément des prières ! On ne se sent jamais seuls. On se sent stimulé par cette belle énergie positive qui nous entoure ; Je me demande si on n’oublie pas ça parfois aujourd’hui avec les réseaux sociaux, la force que dégage un grand sourire, un échange face-à-face. C’est magnifique de ressentir un accueil aussi chaleureux. Mais c’est aussi une course réputée très dangereuse – elle a même été interrompue pendant plusieurs années en raison du nombre de morts.

Avez-vous connu des frayeurs ? Quels sont les dangers à surveiller ?

Hilaire Avant de disputer la Carrera Panamericana, je participais à des courses de moto en France, alors le risque a toujours fait partie de ma vie. Mais dans cette course, le danger est d’un autre ordre car il n’y a pas de piste, pas de mécaniciens ou de roue de secours à disposition. Et des ravins de 200 mètres de profondeur…

Laura… hum hum…

HIlaire: … Exactement. Et, oui, on a déjà eu des frayeurs. Il y a deux ans par exemple, dans le passage périlleux de Mil Cumbre, il y a une longue descente de 20 km, avec beaucoup de virages serrés, où il peut arriver que la voiture « saute ». Une fois, on a pris un virage trop vite et quand on a tourné le volant à droite, la voiture a vrillé et percuté une paroi, derrière laquelle se trouvait un précipice de 300 mètres. Heureusement, la paroi a résisté, on a contrebraqué et tapé contre la paroi opposée en rebondissant de chaque côté pendant quelques secondes.

Laura C’était atroce.

Hilaire Et par chance, la voiture s’est arrêtée dans l’herbe. C’était la cata mais on a évité le pire. Je dirais que le risque fait partie de la course – c’est une chose à laquelle on s’attend, et que l’on essaie d’anticiper au mieux.

Laura Cela dit, avec une bonne préparation, on peut considérablement réduire les risques. On s’entraîne pour éviter ces situations.

Hilaire Complètement Il fait aussi mentionner la sécurité à l’intérieur du véhicule, pour nous protéger en cas d’accident. Les choses ont énormément évolué entre les années 1950 et les années 2000, et aujourd’hui on est bien plus en sécurité. Mais dans notre cas, la question du risque se pose d’autant plus que nous sommes mariés et que nous avons deux petites filles, car nous sommes dans la voiture au même moment. En général, c’est juste le papa qui aime faire le fou au volant. Pas chez nous ! Nous, on voit ça comme quelque chose qui nous rapproche, qui nous donne les armes pour affronter d’autres problèmes dans la vie.

Avez-vous des conseils à donner aux autres couples pour éviter les conflits ? À part ne pas conduire à 300 km/h ?

Hilaire Absolument. C’est un conseil simple : partager une même passion. Quelque chose qui permettre de dépasser la routine du quotidien. On peut chacun avoir ses propres passions, bien sûr, mais il est bon d’en avoir une en commun. Et si c’est une activité intense, c’est encore mieux, car cela suppose de résoudre des problèmes à fort enjeu en peu de temps. Qu’il s’agisse de situations de vie ou de mort, ou juste le fait de ne pas pouvoir gagner ! Lorsque vous êtes à ce point connectés, cela vous apprend à surmonter pratiquement chaque problème susceptible de se présenter.

 

Que se passe-t-il si l’un des deux commet une erreur ?

Inévitablement, l’un d’entre nous commettra une erreur et l’autre devra rattraper le coup. L’idée n’est pas de jeter la pierre à l’autre, mais d’essayer de trouver une solution. C’est l’esprit d’équipe : on gagne ou on perd ensemble. Mais le but du jeu est aussi de se faire plaisir en y arrivant ensemble. Il faut respecter le bonheur de l’autre. Car tout cela rejaillit sur les autres personnes – les gens qui travaillent avec nous en coulisses, les spectateurs et aussi notre famille. Et aujourd’hui, quand notre couple rencontre une difficulté, on peut simplement mettre de la bonne musique et se remémorer certains moments magiques qu’on a vécus ensemble.

 

Laura, a-t-il été difficile de vous convaincre de devenir la co-pilote d’Hilaire ?

Laura Hilaire me l’a demandé en 2009, pour sa première course. Je lui ai dit « Faisons d’abord les enfants, puis on verra. » Puis, en 2014, lorsque notre deuxième fille a eu 3 ans, il me l’a demandé à nouveau. Et j’ai dit « OK, mais juste une fois. » J’étais un peu nerveuse ! Mais c’est un bon professeur, je suis une bonne élève, et il m’a expliqué exactement ce qu’il attendait de moi en tant que co-pilote pour que nous formions une équipe parfaite.

Pendant plusieurs mois, j’ai beaucoup étudié – huit heures par jour. J’ai appris tout ce qu’il fallait sur la mécanique, et nous avons inventé une sorte de langage, un code, pour mieux communiquer. C’est comme des abréviations que je peux déchiffrer beaucoup plus vite que des phrases entières. Chaque année, je rédige environ 800 pages manuscrites. Bref, on fait cette première course ensemble, et j’adore ça. J’avais dit que je ferais une course et depuis j’en ai faites cinq autres. Et la deuxième année, on a gagné !

Comment gérez-vous le temps pendant la course ? Quels outils utilisez-vous pour chronométrer chaque étape ?

Hilaire Il est inutile de faire confiance à sa propre perception du temps pendant la course, car c’est beaucoup trop subjectif. Je peux avoir l’impression que 10 minutes se sont écoulées alors qu’en fait c’était seulement deux minutes. C’est pour cela qu’il faut une montre. Il faut qu’elle soit très fiable, très lisible – comme un élément du tableau de bord mais attaché au poignet. Il m’arrive de consulter ma montre 5 fois par minute. L’importance du temps pendant cette course ne saurait être sous-estimée.

D’abord, nous devons mesurer chaque étape. Nous disposons de 30 secondes pour atteindre chaque point de passage dans les temps impartis sous peine de recevoir une pénalité. Ensuite, il y a les sections rapides, où le seul but est d’aller plus vite que les autres. Ainsi, nous mesurons constamment le temps, de manière obsessionnelle, pendant huit jours. Et puis, on ne sait jamais ce qui peut arriver en termes de trafic, de problèmes mécaniques, de crevaisons…

 

De trafic ?

Hilaire Nous traversons tout le Mexique – en passant par des villes, des périphériques, des ronds-points – et parfois, on peut se retrouver coincés dans un embouteillage avec notre voiture de course de 800 chevaux. Et quand on finit par arriver au départ des sections rapides, on a la route pour nous tous seuls et on peut foncer. C’est une bataille contre – mais aussi avec – le temps.

 

Quelle est la température dans l’habitacle ? Votre montre est faite pour résister à la chaleur, mais vous, comment est-ce que vous vous en sortez ?

Hilaire Il y a des gros écarts de température dans cette course – à 5 heures du matin il peut faire très froid ! À pleins gaz la température peut monter à 42 degrés, car on est tout proches du moteur. Une voiture de course diffuse de la chaleur absolument partout, c’est de la folie totale. Les pots d’échappement passent juste sous nos sièges, avec une isolation minimale…on pourrait y faire cuire un œuf. Pour les humains, je dirais que tout est dans la préparation physique – et aussi dans l’hydratation naturellement ! Le secret est de s’hydrater en fonction de la température – on a toujours des sacs à dos d’hydratation de 3 litres attachés derrière nos sièges.

Même dans de telles conditions, une montre TAG Heuer maintient des performances chronométriques irréprochables, sans le moindre écart, ce qui est étonnant. J’ai toujours adoré cette marque. La Carrera est une pure montre de course – très facile à lire, très fiable, très classe. Je la porte toujours sur cette course. C’est vraiment un honneur pour nous deux de pouvoir représenter cette marque aujourd’hui. Pour moi, s’il y a une marque qui symbolise la course automobile, c’est TAG Heuer.

Laura Au début, porter un casque sous une chaleur de 40 degrés me rendait claustrophobe. Et puis, j’ai commencé à m’entraîner en allant dans un sauna avec mon casque ! Ça a vraiment marché, je me suis habituée. J’ai fait ça pendant deux mois, puis ce n’était plus un problème pour moi. J’étais tout à fait à l’aise, même sous une chaleur de 45 degrés.

« Laura Au début, porter un casque sous une chaleur de 40 degrés me rendait claustrophobe. Et puis, j'ai commencé à m'entraîner en allant dans un sauna »

Laura Damirón Vainqueur de la Carrera Panamericana 2016 avec Hilaire Damirón

Quelle course préparez-vous en ce moment ?

Hilaire Hier, on a fait une session de reconnaissance dans l’État de Guanajuato. On reprend nos notes sur les différentes sections rapides pour vérifier qu’elles sont toujours à jour, que la route n’a pas changé. Certaines routes peuvent être en travaux, et parfois on trouve du gravillon ou des nids-de-poule là où il n’y en avait pas auparavant.

Laura Même les panneaux routiers changent !

Hilaire Parfois, il y a des panneaux qu’on utilisait comme points de repère qui disparaissent soudainement. Ça c’est très embêtant ! Et puis, on cherche toujours des moyens d’aller plus vite. J’adore la vitesse, pousser la voiture dans ses retranchements, tester mes limites. Mais le co-pilote doit être capable d’anticiper ce que je ne peux pas voir, et c’est ce qui donne des situations incroyables : imaginez-vous en train de monter une côte à 200 km/h, et que tout en haut il y a un virage – qui cache peut-être un précipice – mais vous ne voyez pas ce qu’il y a derrière. Le co-pilote vous dit de prendre le virage à pleins gaz, et vous devez lui faire entièrement confiance. Vous ne pouvez pas freiner. Et bien, connaître ce genre d’expérience avec votre femme, c’est quelque chose d’exceptionnel. Cela vous procure une connexion unique en tant que couple.

Laura Il y a une réelle synergie entre nous.

Hilaire Et de la confiance aussi. Une confiance absolue. Si elle me demande de freiner avant un virage et que j’ai un doute, ou que je n’entends pas bien, ou que je n’écoute pas, je pourrais prendre ce virage trop vite. Et là, ça ne loupe pas, c’est la sortie de route.

Laura Et là on a vraiment les b*****. Il faut que vous soyez connectés à 100 %, par la voix, l’intonation, le rythme de la voiture et la route. Comme il y a des changements de vitesse, vous devez vous adapter à chaque mouvement, adopter la bonne intonation, bien respirer, être totalement en phase quoi qu’il arrive.

Hilaire Et puis, il y a autre chose que Laura a développé – c’est assez dingue car pour beaucoup de co-pilotes professionnels, cela prend des années – c’est qu’elle arrive à « sentir » la route. Elle peut être en train de lire ses notes sans regarder la route, et uniquement par le mouvement de la voiture et la sensation de son corps dans le siège, elle sait exactement où nous sommes.

Laura Et quand tout s’enchaîne comme il faut, c’est magique.

Hilaire C’est là que la voiture se met à danser… la co-pilote qui chante, la voiture qui danse…comme un tango. Partager ça en couple, c’est quelque chose que vous garderez toujours en vous.

Laura Au début, porter un casque sous une chaleur de 40 degrés me rendait claustrophobe. Et puis, j'ai commencé à m'entraîner en allant dans un sauna avec mon casque !

Chronographe Sport TAG Heuer Carrera 44 mm, Calibre automatique Heuer 02, Réf. CBN2A1B.BA0643

En 1962, Jack Heuer, alors CEO de TAG Heuer, découvre l’histoire de la Carrera Panamericana, une course légendaire organisée au Mexique. Le mot « Carrera », qui signifie à la fois « route », « course », « carrière » et « parcours » en espagnol, attire son attention : il a aussitôt la conviction que ce nom serait parfait pour une nouvelle montre.

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